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Entretien accordé à Tribune Nationaliste

N° 19 juin 1987

TN : Professeur Faurisson, pouvez-vous vous présenter brièvement à nos lecteurs ?

RF: J’ai 58 ans. Je suis né près de Londres d’un père français et d’une mère écossaise. J’étais l’aîné d’une famille de sept enfants. J’ai fait mes études primaires et secondaires à Singapour, Kobé, Chatou, Dunkerque, Angoulême, Marseille et Paris. Agrégation des lettres. Doctorat ès lettres et sciences humaines. Professeur à l’Université Lyon-2. Spécialités : littérature française du XXe siècle et critique de textes et de documents. Marié et père de trois enfants, j’habite Vichy depuis 1957.

J’ai été membre du SNES, puis du SNESup de 1951 à 1978, avec un an d’interruption, et secrétaire de section de 1958 à 1960. Je suis membre de l’Union des Athées depuis novembre 1986.

Je suis l’auteur de publications littéraires sur Nerval, Rimbaud, Lautréamont, Apollinaire…, avec étude de la réalité du sens littéral de leurs œuvres respectives par rapport à leurs mythes respectifs. Ex. : A-t-on lu Rimbaud ?, éd. J.-J. Pauvert, 1961.

Je suis également l’auteur de diverses publications historiques sur les réalités et les mythes du monde concentrationnaire allemand. Ex. : Mémoire en défense contre ceux qui m’accusent de falsifier l’histoire, éd. de la Vieille Taupe, 1980.

TN : On vous a décrit comme un historien “révisionniste”. Qu’est-ce que le révisionnisme ? En quoi les révisionnistes dérangent-ils ?

RF : Après la première guerre mondiale, on a qualifié de révisionnistes les auteurs, en particulier anglo-saxons, qui ont estimé qu’après une orgie de propagande de guerre sur le compte des “Boches” ou de la “barbarie teutonne”, il convenait de procéder à la vérification et à la révision éventuelle d’un certain nombre d’informations tenues jusqu’ici pour avérées et auxquelles on allait jusqu’à accorder une valeur historique. Ces révisionnistes ont cherché à rectifier l’histoire de la “grande guerre” et à la mettre en accord avec les faits. Les auteurs les plus souvent cités sont Lord Ponsonby, Harry Elmer Barnes et Jean Norton-Cru. Les plus connus des mythes alors mis à jour sont ceux de la responsabilité unilatérale des vaincus dans le déclenchement de la guerre, des enfants belges aux mains coupées par les uhlans, des usines de cadavres transformés par les chimistes allemands en savon ou en engrais.

Après la seconde guerre mondiale, on a également qualifié de révisionnistes les auteurs, en particulier anglo-saxons, qui ont estimé qu’après une orgie encore plus grave de propagande de guerre mettant à profit le développement accéléré des moyens modernes d’information sur le compte des “Nazis” ou de la “barbarie hitlérienne”, il convenait de procéder à la vérification et à la révision éventuelle d’un certain nombre d’informations tenues jusqu’ici pour avérées et auxquelles on allait jusqu’à accorder une valeur historique. Ces révisionnistes ont cherché à rectifier l’histoire de la seconde guerre mondiale, présentée à l’Est comme “la grande guerre patriotique” et à l’Ouest comme “la croisade des démocraties”. Les auteurs les plus souvent cités sont David L. Hoggan, David Irving, Arthur Robert Butz, Paul Rassinier, Wilhelm Stäglich, Robert Faurisson. Les plus connus des mythes qu’ils aient jusqu’ici tenté de mettre à jour sont ceux de la responsabilité unilatérale des vaincus dans le déclenchement de la guerre, de l’extermination des juifs (6 millions !) notamment par le moyen de fantastiques usines-de-mort-par-le-gaz avec la transformation des cadavres en savon ou en engrais.

Aujourd’hui, en 1987, les mythes de la première guerre mondiale ont à peu près complètement disparu, du moins en France, tandis que ceux de la seconde guerre mondiale (qui, à y regarder de près, constituent une simple réincarnation, sous une forme plus moderne, des mythes de la guerre antérieure) semblent garder toute leur force originelle quand, dans certains cas, cette force ne va pas jusqu’à s’accroître avec le temps.

Ces mythes sont donc d’actualité. L’homme qui s’intéresse à son temps ne peut pas se désintéresser des croyances de son temps. Ces croyances reçoivent le soutien de la loi religieuse et de la loi séculière. Par exemple, celui qui professe un doute sur la réalité des chambres à gaz homicides ou sur le génocide des juifs peut s’attendre à un anathème de caractère religieux, aux rigueurs de la loi, au bouleversement du jour au lendemain de sa vie personnelle, familiale et professionnelle. L’étude de ces mythes (naissance, vie et, pour finir, lente et inévitable disparition) devrait donc retenir l’attention du journaliste, de l’homme politique, du psychologue, du sociologue, de l’historien. Le mythe du génocide et des chambres à gaz s’est constitué récemment en une religion : la religion de l’Holocauste. Que va devenir cette religion conquérante ? Si elle venait soudain à amorcer un déclin, que se passerait-il dans le monde et notamment au Moyen-Orient où elle apportait une justification à la création de l’Etat d’Israël en 1948 et à l’expansion continue, depuis lors, de cet Etat ?

Le révisionnisme, ce n’est pas le passé, c’est le présent. C’est l’étude d’une croyance présente et vivante. Il se trouve qu’en France, malgré les obstacles dresses sur sa route ou peut-être à cause de ces obstacles, la révisionnisme progresse sensiblement. Un Français qui pense vivre avec son temps a, par conséquent, toutes raisons de vouloir s’initier à l’étude des écrits révisionnistes. C’est à son attention que j’ai établi la liste suivante de certaines publications, dans l’ordre que voici :

A = Lecture de simple initiation. B = Lectures de spécialisation. C = Nouveautés (1987). [Sauf indication contraire, les publications suivantes sont à commander auprès de La Vieille Taupe].

A : KONK Aux voleurs ! (Album de bandes dessinées), Albin Michel, 1986, 64 p. Se commande en librairie, 42 F. Konk illustre la jobardise des hommes dans le passé et surtout dans le présent, y compris dans la vie quotidienne. Il montre, par exemple, comment les journalistes exploitent la crédulité générale. “On a été éduqué pour croire d’office à tout ce qui est monstrueux”. On gobe que “3 millions de Cambodgiens ont été assassinés par les Khmers Rouges” et que “les Allemands ont pu gazer 6 millions de Juifs”, comme on gobait l’histoire de l’enfant à la dent d’or. Vers la fin de l’ouvrage, 10 dessins, répartis sur 2 pages, montrent comment on a accrédité certains mythes sur la barbarie nazie ou sur Mengele et démontrent que tous ces témoignages sur l’emploi du Zyklon B à de prétendues fins homicides se heurtent à une simple et totale impossibilité chimique : “Voilà la presse. 40 ans d’informations sur l’Holocauste et pas un journaliste pour aller interviewer un spécialiste des gaz. N’achetez plus de journaux. Lisez des romans”.

Robert FAURISSON, “Un grand faux témoin : Élie Wiesel“, 1 p. (recto/verso). Gratuit.

L’Affaire Faurisson, 24 p., 10 F. (7 F. pour commande supérieure à 10 exemplaires).

Marie-Paule MEMY, L’Affaire Faurisson, mémoire de D.U.T., option journalisme 1982/1983, Université de Bordeaux III, 90 p. dactylographiées, 50 F.

Paul RASSINIER, Le Mensonge d’Ulysse, 1960, 6e éd. en 1979, 261 p. Récit vécu et poignant de la réalité et de la fiction concentrationnaires. Epuisé.

B : Paul RASSINIER, Ulysse trahi par les siens et compléments inédits, 1951-1980, 198 p. Epuisé. Le Véritable Procès Eichmann, ou les Vainqueurs incorrigibles, 1962, 2e éd., 1983, 80 F. Le Drame des Juifs européens, 1964, 2e éd., 1985, 224 p., 90 F.

Serge THION, Vérité historique ou vérité politique ?, 1980, 352 p. Ouvrage de base, indispensable au chercheur, 120 F.

Robert FAURISSON, Mémoire en défense contre ceux qui m’accusent de falsifier l’histoire, précédé d’un avis de Noam Chomsky, 1980, xxix-279 p., 120 F. Réponse à Pierre Vidal-Naquet, 2e éd. augmentée, 1982, 96 p., 40 F.

L’Incroyable “Affaire Faurisson”. Comporte les conclusions déposées par la LICRA et celles déposées en réponse par R. Faurisson devant la cour d’appel de Paris (1ère Chambre), 1982, 80 p. Epuisé.

J. AITKEN, Epilogue judiciaire de l’affaire Faurisson. Texte et commentaires de l’arrêt de la cour d’appel de Paris (1ère Chambre), 26 avril 1983, 32 p., 25 F.

“LE CITOYEN”, L’Affaire Papie-Barbon et l’arrêt du 26 avril 1983, Contributions de la jurisprudence française au concept de génocide, 1983, 72 p., 50 F.

Bernard LAZARE, L’Antisémitisme, son histoire et ses causes, réédition par Pierre Guillaume, 1985, 204 p., 70 F.

Pierre GUILLAUME, Droit et Histoire, 1986, 192 p.

Wilhelm STÄGLICH, Le Mythe d’Auschwitz, traduit et adapté de l’allemand ; en annexe, 23 illustrations commentées par R. Faurisson, 1986, 520 p., 150 F.

C : Nouveautés (1987): Annales d’histoire révisionniste, revue trimestrielle, en souscription, 200 F. Réservé aux souscripteurs jusqu’à la publication du premier numéro des Annales : Pierre PITHOU, L’Holocausticon (Des vertus de l’Holocausticon composé / Histoire de l’hypothétique chambre à gaz qui voulait se faire aussi grosse qu’un combinat industriel), 23 p.

Robert FAURISSON, Le Problème des chambres à gaz, 1982, vidéo-cassette, VHS, / SECAM, 70′, 500 F.

André CHELAIN, Faut-il fusiller Henri Roques ? Avec le texte de la thèse soutenue à Nantes le 15 juin 1985 ; à commander à OGMIOS Diffusion, BP 42 05, 75221 Paris Cedex 05 ), 400 p., 150 F.

TN : Quelles thèses avez-vous publiées ? Que vouliez-vous prouver ?

RF : Mes publications ont principalement porté sur le mythe des chambres à gaz homicides à Auschwitz et dans d’autres camps de concentration du IIIe Reich. Je voulais prouver que ces prétendus abattoirs chimiques sont une invention de la propagande de guerre. Les témoignages selon lesquels ces immenses installations de mort par asphyxie auraient existé se heurtent à des impossibilités d’ordre essentiellement physique, chimique, topographique, architectural et documentaire. Pour s’en rendre compte, il fallait étudier la nature du Zyklon B (insecticide à base d’acide cyanhydrique), ses modalités d’emploi pour les gazages de désinfestation des bâtiments ou des vêtements, les délais d’aération (20 heures au moins) ou de ventilation, la procédure d’exécution par le gaz cyanhydrique dans les pénitenciers américains, les prétendues “chambres à gaz en état d’origine” ou “ruines de chambres à gaz” à Auschwitz ou ailleurs, la topographie des camps, l’architecture des crématoires (salle des fours, chambres froides, dépositoires, dépendances…), les milliers de documents afférents à ces crématoires : ordres de construction, édification, fonctionnement, rendements, coûts, main-d’œuvre, plans, photos (en particulier photos aériennes prises par les Alliés), etc.

Travail identique pour le prétendues chambres à gaz au CO ou au C02 et pour les prétendus camions à gaz homicides (ce dernier point va probablement faire l’objet d’une publication française).

TN : Que vous est-il arrivé à la suite de cela ?

À la suite de ces publications, il m’est arrivé ce qui est arrivé à tous les révisionnistes: injures, insultes, invectives, crachats (physiques), coups, lapidation médiatique, graves répercussions dans la vie professionnelle et familiale. Je n’ai pas encore été tué comme François Duprat, vitriolé comme Michel Caignet, jeté en prison comme Ditlieb Felderer (Suède), totalement renvoyé de mon université (comme des Américains ou des Canadiens), privé de mon doctorat (comme Henri Roques et, comme le sera bientôt, en RFA, Wilhelm Stäglich). Par dessus tout, j’ai été accablé de procès monstres qui m’ont ruiné. En revanche, j’ai trouvé beaucoup d’aides, de sympathies actives, en particulier, à droite, du côté de Maître Éric Delcroix et, à gauche, du côté de Pierre Guillaume, responsable des éditions de la Vieille Taupe. J’ai été aidé par des juifs, en particulier Jean-Gabriel Cohn-Bendit, Noam Chomsky, Claude Karnoouh, Jacob Assous ; Maître Yvon Chotard, du barreau de Nantes et ami de Jean-Gabriel Cohn-Bendit, m’a, lui aussi, remarquablement défendu. J’ai beaucoup d’appuis en France et hors de France. Maître François Berthout et Maître Tixier-Vignancour m’ont également défendu.

Le principal de mes procès s’est terminé par une victoire à la Pyrrhus pour Robert Badinter, Jean-Pierre Bloch (dit Jean Pierre-Bloch) et Simone Veil. Par un arrêt de la première chambre civile (section A) de la cour d’appel de Paris, le droit a été garanti pour tout Français de dire que les prétendues chambres à gaz homicides du IIIe Reich n’ont pas existé (affaire LICRA et tous autres contre Robert Faurisson, arrêt du 26 avril 1983). Cette décision, que la cour n’a pas prise de gaîté de cœur, a été rendue en raison du sérieux de mon travail sur le strict “problème historique” des chambres à gaz. La cour a déclaré que j’avais une “démarche logique” et que je ne m’étais rendu coupable ni de légèreté, ni de négligence, ni d’ignorance délibérée, ni de mensonge. Elle a prononcé :

La valeur des conclusions défendues par M. Faurisson [sous-entendu sur le point particulier des chambres à gaz] relève donc [souligné par moi] de la seule appréciation des experts, des historiens et du public.

Si la cour m’a néanmoins condamné, c’est parce que, selon elle, j’aurais ensuite versé dans la pure polémique, tiré des conclusions que je n’avais pas à tirer, jamais su trouver un mot pour marquer mon respect pour les souffrances des déportés et fait preuve de dangerosité pour ceux qui pourraient se sentir visés par mes déclarations. Pour tout détail, vos lecteurs peuvent se reporter à la brochure intitulée Epilogue judiciaire de l’affaire Faurisson.

La presse, unanime, a passé sous silence la partie de l’arrêt qui m’était favorable. Il a fallu attendre 1986 pour que Serge Klarsfeld reconnaisse, à son tour, qu’on n’avait pas encore publié de “vraies preuves” de l’existence des chambres à gaz, mais seulement des “débuts de preuves”. Il promet de vraies preuves. Il livre son meilleur échantillon, lequel est grotesque et, selon une déclaration de Georges Wellers lui-même, dénué de valeur (pour l’interview de Klarsfeld, voyez VSD du 29 mai 1986, page 37 et pour l’opinion de Wellers, son interview par Michel Folco dans ZÉRO de mai 1987, page 73).

TN : Que pensez-vous de la liberté d’expression qui – c’est ce que l’on nous rabâche sans cesse officiellement – est censée être un des piliers de la démocratie ?

RF : La liberté d’expression, comme toute chose, a forcément ses limites. Le tout est de savoir où placer ces limites. Celles-ci changent avec le temps. Quant à la justice, son rôle n’est, bien sûr, pas de “rendre la justice”, mais de faire observer la loi. La plus forte des lois est non écrite : le respect de l’ordre public. En France, de 1940 à 1944, l’ordre public exigeait qu’on fusille dans un sens ; puis, après 1944, ou même dès l’été 1944, il a exigé qu’on fusille dans l’autre sens. Aujourd’hui, la croyance dominante est que les nazis et ceux qui paraissent les soutenir ne sont pas des hommes. Ils n’ont donc d’autre droit que celui du cerf dans l’hallali. Pour eux, en fait, il n’y a ni foi, ni loi, ni droit. Comme en réalité ils sont des hommes, je dis qu’on les persécute avec autant de bonne conscience qu’on persécutait autrefois les hérétiques et les sorciers.

TN : Où nos lecteurs peuvent-ils se procurer vos ouvrages ?

RF : Auprès de Pierre Guillaume, BP 9805, 75224 Paris Cedex 05. Il faut commencer par la lecture de Paul Rassinier, ancien résistant déporté, un libertaire et un esprit libre, un héros de notre temps, un homme qui, de son vivant, a été abreuvé d’outrages par les justiciers de la religion de l’Holocauste. Il possédait cent sous et ses adversaires possédaient des milliards, et donc la grande presse était à leur dévotion. Ce qui est arrivé à Paul Rassinier est criminel. Il a tout perdu, sauf l’honneur. Il est, à mes yeux, une lumière de ce siècle.

TN : Avez-vous un autre ouvrage en préparation ?

RF : Oui.

(Propos recueillis par Claude Cornilleau)

Le professeur Faurisson nous prie de rappeler qu’il ne cautionne pas les opinions politiques de ceux qui le publient. Il s’exprime ici à titre personnel et non en sa qualité de professeur à l’Université Lyon-2.

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Cet entretien a eu lieu au début du mois de mai, donc avant l’interdiction des Annales d’histoire révisionniste. Depuis, nous avons demandé au professeur Faurisson ce qu’il pensait de cette mesure.

RF : Dans le souci de préserver l’ordre public, Gérard Pluyette, juge au Tribunal de grande instance de Paris, vient de faire interdiction à Pierre Guillaume de poursuivre actuellement la distribution, la diffusion et la vente du premier numéro des AHR. Cependant, la vente par abonnement pourra se poursuivre. Ce premier numéro – qu’on s’arrache – contient une longue et magistrale étude de l’Italien Carlo Mattogno (35 ans) sur le mythe de l’extermination des Juifs.

Les éditions Nathan ont décidé, le 2 mai, de retirer immédiatement de la vente un de leurs “ABC du bac” consacré à l’histoire contemporaine et accusé de comporter des thèses révisionnistes. Ce guide avait été rédigé en 1964 par un agrégé d’histoire, Max Tacel, et revu en 1982. Un ABC d’histoire “entièrement révisé” sera publié dans les plus brefs délais.

Dominique Pouchin, rédacteur en chef de Libération, a remis, le 28 mai, sa démission à Serge July. Il s’accuse d’avoir laissé passer dans le courrier des lecteurs de ce jour deux lettres révisionnistes. S. July a fait saisir chez les kiosquiers ce qu’il restait de son journal.

Jacques Chaban-Delmas invite la jeunesse française à entrer en résistance contre le révisionnisme. Simone Veil demande ce qu’on attend pour “se mobiliser” contre les révisionnistes. Marek Halter sonne du shofar. C’est l’alerte générale, la panique.

Plus le révisionnisme fera de progrès, plus s’accroîtront à la fois le tam-tam holocautisque et la répression contre les hérétiques. Ce qui était encore toléré en 1964 ou en 1982 ne saurait plus l’être en 1987. René Monory, ministre de l’éducation nationale, et Claude Malhuret viennent d’annoncer la création d’urgence de cours dits d’instruction civique et de droits de l’homme. On y fera notamment de l’endoctrinement antirévisionniste avec, pour les élèves, assiduité obligatoire, notes, examens et même épreuve obligatoire au baccalauréat à partir de 1989 pour le 200e anniversaire de la Révolution française.

Je me fais du souci pour les révisionnistes, mais je ne me fais aucun souci pour le révisionnisme. Il est condamné à progresser. Il n’a rien à voir avec le racisme, l’extrême droite, la politique. Il vit de sa propre vie, celle des idées exactes sur des points précis d’histoire des hommes. Tout barrage est illusoire.

La guerre avec l’Allemagne est censée avoir pris fin le 8 mai 1945. Certains poursuivent cette guerre. Ce sont des bellicistes. Ils chérissent la propagande de guerre et ses mensonges. Ils vont lasser le bon peuple. Ce dernier ne poussera pas l’audace jusqu’à dire qu’il en a assez. Mais il en aura assez. Le révisionnisme, en provoquant l’hystérie exterminationniste, va accentuer cette lassitude générale. Ce sera pour lui une autre façon de gagner.

1er mai 1987