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Un historien orthodoxe admet enfin qu’il n’y a pas de preuves des chambres à gaz nazies

Jacques Baynac, né en 1939, est un historien français[1] que ses sympathies portent vers la gauche. Il nourrit une hostilité certaine à l’égard des révisionnistes (qu’il appelle des “négationnistes”) et, en particulier, à l’égard de Pierre Guillaume et de ma propre personne. Il a toujours affirmé l’existence des chambres à gaz nazies. Or, il vient de révéler que, tout compte fait, force est d’admettre, même si c’est “pénible à dire comme à entendre”, que les témoignages ne suffisent pas et qu’il est décidément impossible de prouver, sur le plan scientifique, que ces chambres à gaz ont existé. Mais, ajoute-t-il curieusement, à défaut de preuve directe, il conviendra, à l’avenir, de chercher une preuve indirecte et, puisqu’on ne peut pas prouver que les chambres à gaz nazies ont existé, il faudra essayer de prouver qu’elles n’ont pas pu ne pas exister ! C’est sous la forme de deux longs articles consécutifs que J. Baynac développe ses vues dans Le Nouveau Quotidien de Lausanne.[2]  

La dérobade des historiens

Dans le premier article, il commence par déplorer l’existence, en France, d’une loi antirévisionniste, la loi Fabius-Gayssot, du 13 juillet 1990, qui, dit-il, permet à “la secte négationniste” de se servir des tribunaux comme de tribunes. Il souligne que cette loi a été critiquée par Claude Imbert (du Point), Pierre Vidal-Naquet (historien qui a dit : “Je suis prêt à tuer Faurisson, mais pas à le poursuivre en justice !”), Madeleine Rebérioux (ancienne présidente de la Ligue des Droits de l’homme), Me Charles Korman (avocat antirévisionniste) et plusieurs députés RPR. Il affirme que les révisionnistes ou négationnistes ont tout lieu de se réjouir, surtout depuis que l’affaire de l’abbé Pierre a “changé l’atmosphère” en leur faveur. Il note que, chez les adversaires des révisionnistes, “le désarroi a succédé à la consternation”, que P. Vidal-Naquet “se désole”, que Bernard-Henri Lévy “s’affole”, que Pierre-André Taguieff “s’effraie” et que L’Evénement du jeudi a choisi pour titre de couverture “La victoire des révisionnistes”. Il dénonce l’irresponsabilité d’un intellectuel, d’un ancien déporté, Jorge Semprun, qui, dit-il, a “assassiné” le livre que Florent Brayard a écrit contre le révisionniste Paul Rassinier. A gauche, estime-t-il, il s’est développé une “paranoia”, une “chasse aux sorcières” (comme le dit Jean-François Kahn) et un “tohu-bohu désastreux”. Il affirme que Simone Veil et Dominique Jamet sont, eux aussi, hostiles à la loi Fabius-Gayssot et qu’”on refuse le débat” avec les révisionnistes. Rappelant la stupéfiante déclaration de “34 historiens réputés” parue dans Le Monde du 21 février 1979, déclaration par laquelle on refusait de me répondre et de m’expliquer comment, techniquement, les magiques chambres à gaz nazies pouvaient bien avoir fonctionné, il parle de la “dérobade“ des historiens en général. Il écrit en propres termes que “les historiens se sont défilés”.

Ni documents, ni traces, ni preuves

Dans le second article, il déplore que les vrais historiens aient accordé leur confiance à Jean-Claude Pressac, pharmacien et “historien amateur”, qui, on le voit maintenant, est parvenu à la conclusion que le nombre des morts juives et non-juives à Auschwitz s’élève “à un total de 600 000 victimes”.[3] Il tourne en dérision François Bayrou, ministre de l’Education nationale et historien lui-même, qui, conscient des difficultés qu’on rencontre à prouver le génocide et les chambres à gaz, préconise, dans ce cas, le recours à une méthode historique “allégée” ; J. Baynac voit là un “concept d’histoire light”. Il affirme que les chambres à gaz nazies ont existé mais que, pour le prouver, on a trop utilisé le discours “ascientifique” et insuffisamment le discours “scientifique”. Le premier est celui où “le témoignage prime” tandis que le second est celui du document. Or, dit-il avec regret, on ne peut que constater “l’absence de documents, de traces ou d’autres preuves matérielles”. Il rappelle le constat déjà dressé en 1988 par l’historien juif américain Arno Mayer : “Les sources dont nous disposons pour étudier les chambres à gaz sont à la fois rares et peu sûres”.[4] J. Baynac dit que “nous ne disposons pas des éléments indispensables à une pratique normale de la méthode historique”. Il écrit que “l’on doit rester coi faute de documents”. Il conclut : “Il faut reconnaître que le manque de traces entraîne l’incapacité d’établir directement la réalité de l’existence des chambres à gaz homicides.“ Quand il écrit ‘le manque de traces’, il veut dire en fait, ainsi qu’il l’a précisé plus haut, “l’absence de documents, de traces ou d’autres preuves matérielles”.

Des preuves pour demain ?

Son étude prend fin sur la suggestion qu’on a vue : puisqu’il est décidément impossible de prouver que les chambres à gaz ont existé, essayons à l’avenir de prouver que ces chambres à gaz n’ont pas pu ne pas exister ! Il s’agit là d’un constat de carence pour le présent et d’un acte de foi en l’avenir. J. Baynac est naïf. Il s’imagine que, si les historiens ont tellement affirmé la réalité de ces horreurs et si tant de rescapés ont déclaré les avoir vues, c’est qu’elles ont certainement existé. Il oublie qu’avec le temps on découvre que l’écriture de l’histoire (au singulier) est pleine d’histoires (au pluriel) qui sont plus ou moins imaginaires. J. Baynac continue de croire aux chambres à gaz comme il persiste, semble-t-il, à croire au communisme. Demain, on trouvera la preuve des chambres à gaz. Demain, le communisme sera vrai. Demain, on rasera gratis. Demain, on aura enfin la preuve que le national-socialisme est l’incarnation du mal et le communisme l’incarnation du bien. Saluons ici l’éternelle jobardise de l’intelligentsia française. J. Baynac rejoint la cohorte des “34 historiens réputés” qui, ainsi que je l’ai dit plus haut, ont proféré dans Le Monde l’une des plus monumentales âneries de l’Université française : “Il ne faut pas se demander comment, techniquement, un tel meurtre de masse a été possible. Il a été possible techniquement puisqu’il a eu lieu”. J. Baynac ajoute ainsi son nom aux noms des historiens orthodoxes qui, à contrecœur, se sont vus obligés de donner raison, sur tel ou tel point capital, aux historiens révisionnistes. Cela dit, comment des juges pourraient-ils encore condamner des révisionnistes pour contestation d’un crime qui — on le voit par l’étude de J. Baynac — n’est toujours pas prouvé ?

Encombrantes chambres à gaz

Il est manifeste que les chambres à gaz nazies encombrent de plus en plus les historiens ou les auteurs qui défendent la thèse de l’extermination des juifs. Dès 1984, P. Vidal-Naquet mettait en garde ceux, parmi ses amis, que tentait déjà l’abandon de ces chambres à gaz : ce serait, disait-il, “capituler en rase campagne” (“Le Secret partagé”, Le Nouvel Observateur, 21 septembre 1984, p. 80). En 1987, une publication violemment hostile au révisionnisme reproduisait, dans le courrier de ses lecteurs, une lettre de deux enseignants d’origine juive, Ida Zajdel et Marc Ascione, suggérant que les nazis avaient truqué leurs aveux et n’y avaient mentionné les chambres à gaz que pour en faire, contre les juifs, “une ‘bombe’ à retardement, un instrument de diversion et, pourquoi pas, de chantage.[5] Il y aurait bien d’autres exemples à citer ; ce serait trop long ; je me contenterai de trois exemples récents : celui d’Élie Wiesel (en 1994), celui du professeur néerlandais d’origine juive polonaise, Michel Korzec (en 1995), et, enfin, celui de l’historien juif américain Daniel Jonah Goldhagen (en 1996) : en 1994, le premier écrivait dans ses mémoires : “Les chambres à gaz, il vaut mieux qu’elles restent fermées au regard indiscret. Et à l’imagination” ; ce qui, en bon français, signifie : “Ne cherchons ni à voir, ni même à imaginer une chambre à gaz nazie” ; et la suite du développement montrait le complet scepticisme du même É. Wiesel quant aux prétendus témoignages sur le sujet[6];

— en 1995 M. Korzec déclarait qu’on avait trop insisté sur l’importance et sur le nombre des gazés ; il ajoutait, au prix d’une contorsion dialectique digne de la Cabale, que les Allemands, et non les juifs, étaient responsables de cette erreur; selon lui, beaucoup plus d’Allemands, un peu partout en Europe, ont pris part au meurtre des juifs que les quelques Allemands préposés au seul gazage de leurs victimes[7];

— en 1996 D. J. Goldhagen écrit dans un ouvrage d’un antigermanisme exacerbé: “Gassing was really epiphenomenal to the Germans’ slaughter of Jews[8]; dans une interview donnée à un périodique de Vienne il déclare : “Die industrielle Vernichtung der Juden ist fuer mich nicht die Kernfrage zur Erklaerung des Holocaust […]. Die Gaskammern sind ein Symbol. Es ist aber ein Unsinn zu glauben, daß der Holocaust ohne Gaskammern nicht stattgefunden hätte”.[9]  

Les chambres à gaz ne sont plus, en 1996, qu’un symbole !

Un journal suisse donne l’exemple

Durant ces dernières années, j’ai décrit à diverses reprises, soit dans des textes samizdat, soit dans des interviews enregistrées, au Canada, par Ernst Zündel, cette évolution des exterminationnistes sur la question des chambres à gaz nazies ; dans un texte daté du 22 septembre 1993 et que je publierai en français l’année prochaine, je suis allé jusqu’à prédire le terme ultime de ces changements.[10] Déjà, le Musée de l’Holocauste à Washington a décidé de ne plus donner aucune représentation matérielle des chambres à gaz (une maquette “artistique” et absurde mise à part).

Les deux articles de J. Baynac marquent une simple étape de cette métamorphose de l’historiographie officielle. Ils ne peuvent surprendre que les juges, de profession ou de vocation, qui, sans rien savoir, tranchent de tout en matière d’histoire. Ils confirment que, depuis beau temps, les historiens ont rompu une unanimité de façade. Ces historiens ont progressivement rejeté les conclusions, par trop simplistes, du Tribunal de Nuremberg sur les chambres à gaz et le génocide. Sur ce sujet, on ne peut plus parler de vérité historique prétendument “notoire”. Quand les juges français estiment que contester l’existence des chambres à gaz, c’est contester ce “crime contre l’humanité” qu’aurait été le génocide des juifs, ils ont raison ; mais, par voie de conséquence, s’il n’y a plus de preuve de l’arme spécifique, il n’y a plus de preuve du crime spécifique. Cette conclusion, bien embarrassante pour les juges qui osent condamner le révisionnisme, découle de la prise de position de J. Baynac, prise de position qui, encore une fois, ne lui est nullement particulière mais représente toute une tendance de l’historiographie orthodoxe. J. Baynac dit tout haut ce que ses confrères pensaient tout bas.

En France, ces deux articles venus de Suisse ne pourront décontenancer, par exemple, que les bons lecteurs du Monde, habitués à la douce somnolence entretenue par la censure sur le sujet de l’”Holocauste”.

En publiant ces deux articles de J. Baynac, Le Nouveau Quotidien de Lausanne, pourtant si prévenu contre le révisionnisme, a fait preuve de respect pour ses lecteurs, et de discernement.[11]  

Pour l’heure, la situation des deux universitaires français peut se décrire ainsi :

– Jacques BAYNAC :

“IL N’Y A PAS DE PREUVES, MAIS JE CROIS.”

– Robert FAURISSON :

“IL N’Y A PAS DE PREUVES, DONC JE REFUSE DE CROIRE.”

Pour le premier, liberté d’expression.

Pour le second, une peine de un mois à un an de prison, une amende de 2 000 à 300 000 F et d’autres peines encore.

Le devoir d’un universitaire n’est-il pas de refuser de croire, quoi qu’il lui en coûte ?

2-3 septembre 1996

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[1] J. Baynac a notamment écrit La Terreur sous Lénine (1975), Ravachol et ses compagnons (1976), Mai [1968] retrouvé (1978), Les Socialistes révolutionnaires russes (1881-1917) (1979), La Révolution gorbatchévienne (1988).
[2] 2 septembre 1996, p. 16, et 3 septembre 1996, p. 14.
[3] La Déportation. Le Système concentrationnaire nazi, ouvrage publié sous la direction de François Bédarida et Laurent Gervereau, BDIC, Nanterre 1995, p. 196 (de 600 000 à 800 000 morts, dit J.-C. Pressac, ce qui nous met loin des 9 000 000 de Nuit et Brouillard, des 4 000 000 du procès de Nuremberg et des inscriptions du monument d’Auschwitz – ancienne version – ou du chiffre de 1 500 000 – nouvelle version depuis 1995).
[4] A. Mayer, La “Solution finale” dans l’histoire, préface de Pierre Vidal-Naquet, La Découverte, Paris 1990, p. 406. L’édition originale, américaine, porte : “Sources for the study of the gas chambers are at once rare and unreliable” (Pantheon, New York 1988, p. 362) ; unreliable signifie non fiable[s].
[5] Article 31, janvier-février 1987, p. 22.
[6] E. Wiesel, Tous les fleuves vont à la mer, Mémoires, tome I, Editions du Seuil, Paris 1994, p. 97.
[7] M. Korzec, “De mythe van de efficiente massamoord”, Intermediair, 15 décembre 1995.
[8] “Le gazage fut vraiment un épiphénomène du massacre des juifs par les Allemands” (Hitler’s Willing Executioners, Little, Brown & Co., Londres 1996, p. 521, n. 81.
[9] “L’anéantissement industriel des juifs n’est pas pour moi la question centrale pour l’explication de l’Holocauste […]. Les chambres à gaz sont un symbole. Mais il est absurde de croire que, sans les chambres à gaz, l’Holocauste n’aurait pas eu lieu”, D. Goldhagen, Profil, 9 septembre 1996, p. 75.
[10] Voir l’article “Les juifs pourraient renoncer au mythe de la chambre à gaz nazie”, Écrits révisionnistes (1974-1998), p. 1542-1544.
[11] Dans la livraison du 2 septembre on corrigera trois menues erreurs : dans la deuxième colonne, on lira: Florent Brayard (au lieu de : Florent Rassinier) ; dans la troisième : Jean-François Kahn (au lieu de : Khan) ; et dans la quatrième : “il ne faut pas se demander comment” (au lieu de : se demander si). Ces fautes ont été corrigées pour l’édition électronique.