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Le fantôme des chambres à gaz au procès de Nuremberg

Le “Procès des grands criminels de guerre devant le tribunal militaire international” (TMI) s’est tenu à Nuremberg du 14 novembre 1945 au 1er octobre 1946.

Les “débats et documents” ont fait l’objet d’une publication en 42 tomes, en anglais, en français et en allemand. Il n’y a pas eu de publication en langue russe. Les 42 tomes se décomposent comme suit :

Tome I : il contient essentiellement : “Constitution du tribunal”, avec “Statut du TMI“, “Règles de procédure”, “Compte rendu de l’audience d’ouverture du tribunal tenue à Berlin le 18 octobre 1945” (sous la présidence du Soviétique Nikitchenko, qui avait présidé les “procès de Moscou” de 1936-1937), l'”Acte d’accusation”, le “Jugement”, la liste des “Condamnations” ;

– Tomes II à XXII : les débats ;

– Tome XXIII : l’index rerum (il n’existe pas dans l’édition française) ;

Tome XXIV : l’index nominum ;

– Tomes XXV à XLII : les documents.

Le texte du jugement se trouve donc à deux reprises :

1. À la date du prononcé de ce jugement, c’est-à-dire le 30 septembre et le 1er octobre 1946 (Tome XXII, p. 440-631); ce texte est entrecoupé d’interventions diverses ;

2. Dans le premier tome où il est d’un seul tenant (Tome I, p. 181-367).

Il sied donc de se reporter à ce premier tome si l’on veut avoir une vue d’ensemble du jugement (total : 187 pages).

 

Le texte du jugement
 

Référence : TMI, I, p. 181-367 = 187 pages (ou TMI, XXII, p. 440-631 = 192 pages).

Les chefs d’accusation étaient au nombre de quatre :

1. Crimes contre la Paix

2. Crimes de guerre

3. Crimes contre l’Humanité

4. Participation à la formation ou à l’exécution d’un plan concerté ou complot ayant pour but la perpétration des crimes énumérés ci-dessus.

On l’oublie aujourd’hui, mais les crimes sur lesquels les Alliés insistaient en 1945-1946 étaient les crimes contre la Paix et le complot contre la Paix. Les Alliés voulaient qu’il fût bien clair, avant tout, que l’Allemagne portait l’entière responsabilité de la préparation et du déclenchement de la seconde guerre mondiale.

Par crimes contre l’humanité, on entendait en fait essentiellement les crimes contre les juifs, c’est-à-dire avant tout l’extermination délibérée (le mot de “génocide” n’est pas employé) par le moyen, principalement, de chambres à gaz.

 

Les chambres à gaz dans le texte du jugement


Dans le texte du jugement on ne trouve à peu près rien sur les chambres à gaz. Celles-ci ne sont vaguement mentionnées qu’en trois passages:

– page 247 : “Un certain nombre de camps de concentration possédaient des chambres à gaz pour l’exécution massive des prisonniers, dont les corps étaient ensuite brûlés dans les fours crématoires” (idem in TMI, XXII, p. 508);

Les détenus malades ou incapables de travailler étaient, soit tués dans les chambres à gaz, soit envoyés dans des infirmeries spéciales où ils ne recevaient pas de soins médicaux.” (ibidem).

– page 264 : “Tous ceux qui le pouvaient encore devaient travailler : ceux qui étaient hors d’état de le faire étaient exterminés dans des chambres à gaz, après quoi l’on brûlait leurs cadavres. Certains camps de concentration, tels que Treblinka et Auschwitz, furent principalement choisis à cette fin. (Suivent 25 lignes où il est question des aveux de Rudolf Höss qui parle de trois millions de morts à Auschwitz, seulement jusqu’au 1er décembre 1943, date à laquelle il est nommé à Oranienburg-Sachsenhausen, près de Berlin).

– page 265 : “Quant aux exterminations mêmes, [Höss] les décrivit en ces termes : “Il nous fallait de trois à quinze minutes pour tuer les victimes dans la chambre de mort, le délai variant suivant les conditions atmosphériques. Nous savions qu’elles étaient mortes quand elles cessaient de crier. En général, nous attendions une demi-heure avant d’ouvrir les portes et d’enlever les cadavres, que nos commandos spéciaux dépouillaient alors de leurs bagues et de leurs dents en or” (idem in TMI, XXII, p. 526-527).

Dès les années soixante-dix le professeur Faurisson a démontré qu’il y avait là une impossibilité physico-chimique. S’appuyant sur les documents NI-9098 et NI-9912, il a montré que l’acide cyanhydrique (composante essentielle du Zyklon B) est, de l’aveu même des fabricants de Zyklon B, “long et difficile à ventiler vu qu’il adhère fortement aux surfaces” ; de plus, le gaz cyanhydrique pénètre les corps et rend ces corps intouchables à moins d’une procédure et de précautions drastiques, ne fût-ce que pour un seul cadavre comme c’est le cas dans les chambres à gaz d’exécution des pénitenciers américains, fonctionnant au gaz cyanhydrique. Voyez les différentes publications du professeur sur le sujet ; sa consultation de Fred Leuchter ; le(s) rapport(s) Leuchter ; le rapport de Cracovie ; le rapport Rudolf, etc.

Voy. également : “Comment les Britanniques ont obtenu les aveux de R. Höss […]” (AHR nº 1) et la révision générale du nombre des morts d’Auschwitz à partir de 1990: le nombre auquel on vient de s’arrêter, provisoirement, pour toute la durée du fonctionnement du camp, c’est-à-dire jusqu’au 18 janvier 1945, est d’environ 1.000.000 de morts.

Conclusion
 

Sur la description des chambres à gaz, on ne trouve rien; sur leur fonctionnement on ne trouve quasiment rien (le gaz n’est pas même précisé). En 1989, dans l’énorme ouvrage de J.-C. Pressac, on ne trouvera guère plus.

P.S. : En parlant de chambres à gaz à Treblinka, les juges oubliaient le document PS-3311 qui établissait l’existence dans ce camp de chambres à vapeur (steam chambers) pour tuer les juifs ; en vertu de l’article 21* du statut, ce document avait valeur de “preuve authentique”.

6 juin 1992

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* Art. 21 : Le Tribunal n’exigera pas que soit rapportée la preuve de faits de notoriété publique, mais les tiendra pour acquis. Il considérera également comme preuves authentiques les documents et rapports officiels des Gouvernements des Nations Unies, y compris ceux dressés par les Commissions établies dans les divers pays alliés pour les enquêtes sur les crimes de guerre ainsi que les procès-verbaux des audiences et les décisions des tribunaux militaires ou autres tribunaux de l’une quelconque des Nations Unies.