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Jean Bricmont à nouveau sur la censure

Né en Belgique en 1952 Jean Bricmont, « physicien et essayiste belge, professeur de physique à l’Université catholique de Louvain », a publié en 2014 La République des censeurs (Matt éditions, L’Herne, 176 pages). J’ai rendu compte de son ouvrage dans un article du 12 février 2014 intitulé Jean Bricmont affirme sa croyance en la Shoah mais s’oppose à la censure du révisionnisme (qu’il appelle «négationnisme»).

On trouvera cet article dans le tome VIII de mes Écrits révisionnistes, aux pages 332-336.

Le 31 mai 2018, à Nantes, dans un entretien d’environ 17 minutes diffusé par l’association Agora Culture, J. Bricmont revient sur le sujet.

Ses propos ne manquent pas d’intérêt mais on peut regretter qu’il n’ait pas mentionné que la censure exercée contre « Faurisson » s’est depuis quelque temps considérablement aggravée. Autrefois, lorsque des publications de toutes sortes ou même des décisions de justice faisaient grief à ce dernier d’être, paraît-il, soit un menteur, soit un falsificateur, soit un faussaire de l’histoire, ces accusations s’accompagnaient parfois de preuves ou, plutôt, de supposées preuves.

Ces temps sont révolus. On ne tente plus de fournir preuve ou exemple. On affirme tout simplement. On fait maintenant valoir qu’enfreindre « la loi Gayssot » ou « loi Faurisson » fait du « négationniste » non seulement un délinquant mais, également et de surcroît, un menteur, un falsificateur et un faussaire de l’histoire ! Ce type de raisonnement s’appelle un « janotisme ». Janot, l’innocent de village, venu de Saligons-en-Mesloir ou de Blême-le-Petit et revêtant l’uniforme soit du gendarme Pandore, soit du juge-dont-rougissent-de-honte-les-cheveux-blancs, nous assène ce que déjà, dans Le Monde du 21 février 1979, trente-quatre historiens français rétorquaient à « Faurisson ». Ce dernier, le 19 mars 1976, avait découvert les plans jusqu’ici soigneusement tenus caché des crématoires d’Auschwitz-Birkenau et il avait ensuite soutenu qu’il aurait été radicalement impossible d’aller installer dans ces locaux des abattoirs (pour humains) qui auraient fonctionné au Zyklon B. Nos trente-quatre historiens, sous la houlette du prestigieux Fernand Braudel, lui avaient doctement rétorqué :

Il ne faut pas se demander comment, techniquement, un tel meurtre de masse a été possible ; il a été possible techniquement puisqu’il a eu lieu. 

J. Bricmont serait bien en peine de dire où et quand, pendant un demi-siècle, « Faurisson » s’est vu administrer avec succès une preuve, une seule preuve de ce qu’il serait un menteur, un falsificateur ou un faussaire de l’histoire. Il sait pertinemment, grâce à sa lecture de « Faurisson », que le Zyklon B est un puissant pesticide qui a été inventé dans les années 1920 ; essentiellement composé d’acide cyanhydrique (HCN), le produit est décrit comme hautement inflammable et explosif. Dès lors, comment des ingénieurs, des chimistes, des architectes allemands auraient-ils pu décider d’user de ce produit dans des bâtiments de crémation, à proximité de fours portés laborieusement à 900 degrés et dont il faut ouvrir et fermer les portes à plusieurs reprises durant leur fonctionnement ?

Faudrait-il comprendre que ces « chambres à gaz nazies » étaient tout bonnement « incroyables » ? Rappelons-nous comment le juif américain Raul Hilberg, l’historien Number One de La Destruction des Juifs d’Europe, a fini par nous expliquer l’absence de tout document prouvant la réalité de cette immense « destruction ». C’est que, paraît-il, les bureaucrates allemands avaient spontanément décidé de remplacer peu à peu le « modus operandi » de l’écrit par celui de l’oral. Et c’est ainsi que, par une « incroyable [sic] rencontre des esprits, une transmission de pensée consensuelle au sein d’une vaste bureaucratie », le gigantesque crime des crimes aurait été conçu, préparé, accompli sans un ordre écrit ni un plan couché par écrit, sans aucun financement connu, sans aucun organisme central constitué pour mener à bien l’extermination de millions de détenus juifs.

J. Bricmont s’est, à ce jour du 31 mai 2018, arrêté au milieu du gué. Osera-t-il un jour prochain franchir entièrement ce gué ? Au lieu de nous révéler seulement une partie de la vérité vérifiable, concrète et matérielle, nous dira-t-il « toute la vérité, rien que la vérité » et, pour commencer, ira-t-il jusqu’à « parler sans haine et sans crainte » ? Le fera-t-il en dépit d’une censure, d’une répression, d’une « presque dictature » de « l’Holocauste » qu’il évoque en passant et qu’exercent notamment, nous précise-t-il, le CRIF, la LICRA et Israël ?

30 août 2018