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Silence, on brûle !

On sait où trouver les coupables de l’incendie criminel
de la Bibliothèque interuniversitaire de Lyon

 

Dans la nuit du 11 au 12 juin 1999, un violent incendie ravage la bibliothèque interuniversitaire de Lyon. Il détruit 300 000 ouvrages sur 450 000. En particulier – ce point vaut d’être noté – des THÈSES, par dizaines de milliers, sont parties en fumée.

Sur le moment, l’incendie est décrit comme accidentel. En France comme à l’étranger il suscite une vive émotion. Les présidents des deux universités, Bruno Gelas pour l’Université Lumière (ou Lyon II) et Gilles Guyot pour l’Université Jean-Moulin (ou Lyon III) multiplient les déclarations sur la catastrophe.

Un incendie criminel

Coup de théâtre ! Le 22 juillet 1999, la presse annonce que le parquet de Lyon a ouvert une information contre X pour destruction volontaire par incendie. Le juge Stéphane Noël (né en 1967 à Sainte-Foy-lès-Lyon) est chargé de l’instruction. Il saisit la brigade criminelle de la SRPJ de Lyon.

Un silence gêné

La nouvelle devrait provoquer l’indignation et un flot de commentaires. De Paris à Lyon, du premier ministre et du ministre de l’Éducation nationale jusqu’aux instances locales, tout le haut personnel politique, administratif ou universitaire devrait normalement réagir dans les termes les plus vifs contre cet acte criminel et contre ses auteurs. Or, les journalistes lyonnais en feront la remarque, c’est LE SILENCE GÉNÉRAL, LA GÊNE PALPABLE, LE REFUS DE COMMENTER.

L’enquête a progressé

Un an plus tard, en juillet 2000, on apprend par une indiscrétion que l’enquête a progressé. Elle a établi que la localisation du premier feu, le mode de propagation de l’incendie et, enfin, des traces d’une espèce d’hydrocarbures absente des produits utilisés dans les deux universités ont confirmé l’emploi d’un ACCÉLÉRANT. Seul Bruno Gelas lèvera un court instant un coin de voile sur cette découverte.

Un silence délibéré

Le silence se fait alors encore plus pesant. À telle enseigne qu’aujourd’hui la population lyonnaise, dans son ensemble, semble avoir oublié que Lyon, en juin 1999, a connu l’un des plus formidables incendies criminels de son histoire.

Pourquoi un tel silence ?

On est en droit de s’interroger.

Pourquoi ce silence, aujourd’hui, du ministre Jack Lang ?

Pourquoi ce mutisme de Lyon II et de Lyon III ?

Pourquoi cette indifférence des autorités politiques locales, que celles-ci appartiennent à la majorité ou à l’opposition ?

Pourquoi Raymond Barre s’est-il tu ?

Pourquoi laisse-t-on le juge d’instruction Stéphane Noël et le SRPJ opérer comme au temps du cabinet noir ?

Pourquoi les journalistes évitent-ils de mener une enquête, soit sur commande d’une autorité médiatique, soit de leur propre initiative ?

On sait où trouver les coupables

La raison de ce silence et de cette démission est évidente. Les coupables sont à rechercher du côté des enragés qui, surtout à partir de janvier 1999, ont orchestré contre Lyon II et Lyon III une stridente campagne de haine, de diffamation et de délation. Ils appartiennent à la frange des justiciers qui ont accusé la Bibliothèque interuniversitaire de détenir des THÈSES ou des écrits révisionnistes, dont ceux de Jean Plantin. Ces zélotes s’agitent dans des officines – subventionnées – qui, tour à tour ou en même temps, ont pris pour cibles les professeurs Bruno Gelas, Gilles Guyot, Yves Lequin, Régis Ladous, Bernard Comte, Jean-Paul Allard, et d’autres encore, après la destruction par leurs prédécesseurs des carrières de Robert Faurisson, de Pierre Zind, de Bernard Notin et d’autres universitaires révisionnistes. On remarquera que, pour ces vengeurs, tout est prétexte à manifestations, perturbations, déclarations enflammées et clameurs d’indignation, tout sauf, précisément, un formidable incendie criminel qu’ils avaient déploré quand il paraissait accidentel et sur lequel ils se taisent obstinément depuis qu’il s’est révélé être de nature criminelle.

Nous demandons, nous attendons, nous réclamons…

Nous demandons que cesse ce silence complice.

Nous attendons des médias qu’ils ouvrent une enquête sur l’incendie criminel et la recherche de ses auteurs.

Nous exigeons des autorités politiques, administratives et judiciaires ainsi que des candidats aux actuelles élections municipales et cantonales qu’ils assument, enfin, leurs responsabilités.

Nous prenons l’engagement

Nous prenons l’engagement de ne plus laisser en paix ceux qui, par leur silence, se font les complices du plus grand incendie criminel que Lyon ait jamais connu au XXe siècle.

28 février 2001