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Réponse à un historien de papier (1982) dans une édition revue et corrigée (2012)

Parmi les dates qui auront compté dans l’histoire du révisionnisme en France figure celle du 30 juin 1982.

Ce jour-là débutait à la Sorbonne, à l’instigation des professeurs Raymond Aron et François Furet, une conférence internationale sur “Le National-Socialisme et les Juifs”, qui allait prendre fin le 2 juillet au soir sur une conférence de presse tenue par les deux professeurs. Au nombre des participants de cette conférence (de six demi-journées !) se trouvaient des auteurs prestigieux du calibre, par exemple, des Américains Raul Hilberg et Arno Mayer et des Français tels Pierre Vidal-Naquet et Jean-Claude Pressac. Il s’agissait d’y donner la réplique à Robert Faurisson qui, notamment dans le journal Le Monde, avait révélé la conclusion de son enquête sur les prétendues chambres à gaz nazies : ces prétendus abattoirs humains n’avaient en réalité jamais existé ni à Auschwitz ni ailleurs et même ils n’avaient pas pu exister pour des raisons d’ordre physique, chimique, architectural, documentaire et historique. En témoignaient, par exemple, les plans, cachés depuis la fin de la guerre mais retrouvés par Faurisson le 19 mars 1976, ainsi que, tout simplement, l’étude matérielle des “lieux du crime”, fussent-ils, dans certains cas, à l’état de ruines.

L’accès de la conférence avait été refusée à Faurisson : “Ce n’est pas négociable”, lui avaient répondu les deux organisateurs. La longue conférence allait se dérouler dans des conditions mouvementées du fait, en particulier, du professeur Arno Mayer dont on peut supposer qu’il avait, pour la circonstance, déjà conclu, comme il l’écrirait en 1988 : “Les sources pour l’étude des chambres à gaz sont à la fois rares et douteuses” (voy. le point 13 à Les Victoires du Révisionnisme). Quant à la conférence de presse du 2 juillet 1982, elle allait tourner à la confusion des organisateurs : “malgré les recherches les plus érudites” on n’avait trouvé aucun ordre de Hitler de tuer les juifs ; quant aux “chambres à gaz”, pas un mot sur le sujet !

Le 30 juin, juste avant l’ouverture de la conférence, Pierre Vidal-Naquet s’était vu remettre par Faurisson en personne, dans le hall d’entrée de la Sorbonne (rue des Ecoles), un exemplaire de sa Réponse à Pierre Vidal-Naquet dont la pièce principale portait pour titre “Réponse à un historien de papier”.

27 février 2012