Massacre en Palestine

Tout s’est passé comme si, en une trentaine de jours, la France avait eu plus de 1 600 morts et 59 000 blessés par balles, du fait d’une minorité venue s’installer sur son sol et lui dicter sa loi.

 

Dans sa livraison datée du 3-4 juin 2018, en page 4, Le Monde a publié, sous la signature de Marie Bourreau, un article intitulé À l’ONU, les États-Unis opposent leur veto à une résolution sur Gaza ». Evoquant au passage les sanglants événements de Gaza, la journaliste écrit : « Washington tient le mouvement islamiste – qui contrôle la bande de Gaza depuis 2007 – pour seul responsable des violences qui ont fait plus d’une centaine de morts et 4 000 blessés par balles depuis le 30 mars ».

Curieusement, on ne nous précise pas que ces morts et ces blessés par balles ont été exclusivement des Palestiniens et que les auteurs de ces morts et de ces blessures par balles ont été exclusivement des Israéliens.

Imagine-t-on la réaction des Français si, en un coin de leur pays, les responsables d’une minorité venue s’installer dans leur pays avaient, en une trentaine de jours, fait tuer plus de 1 600 Français et blessé par balles 59 000 autres Français ?

N’en déplaise aux responsables israéliens et américains, la terre de Palestine appartient aux « Arabes de Palestine », quelle que soit la religion de chacun de ces derniers. Certes les responsables palestiniens pourraient ouvrir leur pays à des étrangers mais non si ces derniers persistent à s’y conduire en saigneurs et maîtres. Quant aux dirigeants de bien des organisations juives ou sionistes, ils sont de mauvais bergers qui, depuis trop longtemps, jouent avec le feu et le mensonge.

À supposer que le nombre des Israéliens morts et blessés ait été de zéro, comment les Israéliens et leurs alliés américains peuvent-ils imputer au mouvement islamiste appelé Hamas l’entière responsabilité de ce massacre ? Et donc, pour ce qui serait de la responsabilité des Israéliens, un tel massacre ne serait qu’une bagatelle ? Parfaitement casher ? Un malheur de plus du peuple élu de Dieu ? Les Palestiniens devront le « payer », le « réparer ». Chutzpah ! Le mot désigne, dans le mensonge, un degré d’arrogance, d’audace, d’aplomb et d’absence de honte qui peut faire l’admiration ; par exemple, la chutzpah du parricide qui, séance tenante, réclame en pleurant une pension d’orphelin.

 

NB : Cette livraison du Monde me semble avoir été achevée, au plus tard, le dimanche 3 juin à midi. Par « plus d’une centaine de morts », j’ai supposé 110 morts mais une dépêche de l’AFP de la même date indique, pour sa part, le chiffre de 124 morts. J’ai écrit « plus de 1600 Français [tués] » car le chiffre exact serait de 1 624. J’ai écrit « [plus de] 59 000 [blessés] » car le chiffre exact serait de 59 012. Sollicitant Google sur le nombre d’habitants de chacun des deux pays, j’ai obtenu, pour la Palestine (Cisjordanie, Jérusalem Est et bande de Gaza), 4,55 millions et, pour la France en 2018, 67,2 millions. Le professeur de mathématiques auquel j’ai confié mes données et qui a bien voulu procéder aux calculs nécessaires m’a répondu par le cryptogramme suivant dont on ne manquera pas d’apprécier la formulation : 110 ÷ 4,55 x 67,2 = 1 624 morts ; 4 000 ÷ 4,55 x 67,2 = 59 012 blessés. Je suggère à mes correspondants étrangers de chercher à leur tour à combien de morts et de blessés de leurs pays respectifs correspondraient les morts et les blessés palestiniens de cette trentaine de jours. Qu’ils veuillent bien me faire savoir leurs résultats !

Au comble de la chutzpah, on découvrira l’homme politique français Meyer Habib qui s’exprime sur la chaîne de télévision israélienne i24 le 14 mai dernier, pendant l’opération de Gaza. Il représente au Parlement les Français résidant en Italie, en Grèce, à Chypre, en Turquie et en Israël.

4 juin 2018