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Arrestation à Vienne de l’ingénieur chimiste Wolfgang Fröhlich

Samedi 21 juin Wolfgang Fröhlich, ingénieur chimiste (Diplom. Ing.), âgé de 51 ans, a été arrêté à Vienne et emprisonné. Son procès pourrait durer soit deux jours comme le souhaite le ministère public, soit deux ou trois semaines comme l’espère son avocat, Herbert Schaller.

Pendant sept ans, W. Fröhlich avait envoyé à des juristes, des membres du parlement, des personnalités politiques et des journalistes des milliers d’exemplaires de ses écrits dans lesquels il affirmait que les prétendues chambres à gaz nazies sont, pour reprendre son propre mot, un mensonge. Fait surprenant, il ne fut pas poursuivi en justice. Par la suite, lorsqu’il se décida en 2001 à rendre public un dossier de 368 pages sur Le Mensonge des chambres à gaz, les autorités décidèrent son arrestation, mais il disparut et la police ne mit apparemment aucun zèle à le trouver.

Son arrestation, le 21 juin, est probablement à mettre en rapport avec une déclaration faite à Vienne, l’avant-veille, par Rudolph Giuliani. Le 19 juin, en effet, l’ancien maire de New York, prenant la parole en qualité de représentant des États-Unis, avait déclaré devant les participants d’une conférence de deux journées sur l’antisémitisme, conférence tenue à Vienne par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qu’il fallait mettre un terme au révisionnisme. Dans un article publié la veille par le New York Times et intitulé « Comment l’Europe peut mettre un terme à la haine », il disait à propos des représentants des États européens : « Il est vital qu’ils assurent à leurs citoyens une franche compréhension de l’Holocauste, parce que les points de vue révisionnistes nous font courir le risque que se reproduise un génocide à base raciale ». Quant au président Bush lui-même, il avait, le 16 et le 17 juin, attaqué « l’histoire révisionniste » (« a lot of revisionist history now going on ») et « les historiens révisionnistes », coupables à ses yeux d’avoir exprimé des doutes sur la version officielle de la guerre des Etats-Unis contre l’Irak.

En un certain sens, Ernst Zündel et Wolfgang Fröhlich sont peut-être bien les premières victimes révisionnistes de Bush et de Giuliani.

En janvier 1944 le président Roosevelt, manipulé par Henry Morgenthau Jr, son secrétaire d’Etat au trésor, avait créé le Conseil des réfugiés de guerre (War Refugee Board ou WRB), qui allait fabriquer un rapport, devenu depuis tristement fameux, sur Les camps d’extermination allemands – Auschwitz et Birkenau. En septembre 2001, le président Bush, manipulé par Paul Wolfowitz, créait le Bureau des plans spéciaux (Office of Special Plans ou OSP), qui allait fabriquer de fallacieux rapports sur les armes de destruction massives de l’Irak (Weapons of Mass Destruction ou WMD). Ce bureau est dirigé par Abram Shulsky. Au sein dudit bureau les quatre responsables en charge des rapports sur ces armes de destruction massive se désignent eux-mêmes sous le nom de « la cabale » ! Seymour Hersh, journaliste américain de renom, en a fait la révélation dans un long article du New Yorker daté du 12 mai et, en France, Jacques Isnard l’a rapporté dans Le Monde du 7 juin, en page 7.

Pareils mensonges. Pareils menteurs. Pareils bénéficiaires. Pareilles victimes.

Il semble donc qu’on ait besoin d’un pareil travail révisionniste.

Aux dernières nouvelles, deux auteurs du nom de Rampton et de Stauber publieraient, le mois prochain, un ouvrage intitulé : Weapons of Mass Deception. The Uses of Propaganda in Bush’s War in Iraq (Armes de tromperie massive. Les emplois de la propagande dans la guerre de Bush en Irak).

N.B. : Le 17 juin Le Monde a publié en première page un article ironiquement intitulé : « Saddam était méchant, donc il avait des armes prohibées ». Le lendemain, j’ai envoyé au journal, pour publication, une lettre dont le contenu se limitait à une phrase : « Hitler était méchant, donc il avait des chambres à gaz et des camions à gaz ». Ma courte lettre n’a pas été publiée.

23 juin 2003

P.S. – Le 16 avril 2004, en page 31, Le Monde a publié un long article intitulé: «Hans Blix, l’homme qui voulait des preuves.» Je viens de suggérer au journal de publier un article qui serait intitulé : « Robert Faurisson, l’homme qui voulait des preuves. »