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Mon procès contre Ariane Chemin (9 mai 2017) : pour mémoire, le cas symptomatique de Raul Hilberg

Le plus prestigieux des historiens de ce qu’on appelle « l’Holocauste » ou la « Shoah », ou « l’extermination des Juifs » n’est autre que le professeur Raul Hilberg (1926-2007), juif américain, qui, pour sa part, tenait à parler de ce qu’en termes plus mesurés il appelait « La destruction des Juifs d’Europe » (The Destruction of the European Jews).

Dans mon compte rendu de l’audience du 9 mai 2017 du procès que j’ai intenté contre la journaliste Ariane Chemin, relisez de près les termes dans lesquels cet historien a fini par nous expliquer que, si l’on ne trouve en fin de compte aucune preuve de la réalité d’une telle horreur, c’est que cette horreur sans précédent aurait été perpétrée secrètement (!) à la suite d’un complot (!!) ourdi par la bureaucratie allemande qui, peu à peu, avait renoncé à l’écrit pour l’oral et usé de la télépathie (!!!). Je ne plaisante pas ; selon R. Hilberg, ce crime aux proportions gigantesques avait été commis, en propres termes, par l’effet d’« une incroyable rencontre des esprits, une transmission de pensée consensuelle au sein d’une vaste bureaucratie ».

En 1988 est parue La destruction des Juifs d’Europe (Fayard, 1 101 pages). Il s’agissait de la traduction de The Destruction of the European Jews (Holmes & Meier, New York-Londres, 3 volumes, 1 274 pages) ; curieusement, cette édition se qualifiait de « Revised and Definitive », une précision absente de la traduction française. Dans sa livraison du mardi 7 juin 1988, en page 7, le journal Le Monde décidait de frapper un grand coup en faveur de la sortie du livre en français et contre « le révisionnisme à la Faurisson ». En un pavé de citations, il regroupait les avis de cinq personnalités faisant autorité dans l’historiographie de la « Shoah ». Le ton des commentaires était tout simplement dithyrambique. Qu’on en juge !

Claude Lanzmann, dans Le Nouvel Observateur, avait salué un livre unique :

Livre unique, livre phare, livre môle, vaisseau d’histoire ancré dans le temps et comme hors du temps, immortel, immémorial, auquel rien, dans la production historique ordinaire, ne peut se comparer.

Dans L’Express Luc Ferry, futur ministre de l’Éducation nationale, et Sylvaine Pasquier avaient, pour leur part, écrit :

La Destruction des Juifs d’Europe s’impose déjà comme la référence obligée sur le sujet… Contre le révisionnisme à la Faurisson, la critique morale échoue, faute d’argumentation scientifique. Cette somme pulvérise la prétendue démonstration de l’inexistence des chambres à gaz ; et analyse, chiffres à l’appui, l’ampleur de ce que Le Pen appelle « le point de détail ».

Quant à Annette Levy-Willard, dans Libération, elle avait salué un monument :

Un monument implacable du XXe siècle. Le récit, jour après jour de la genèse, de l’idée, de la mise en place, du fonctionnement de la gigantesque machine à broyer des millions d’êtres vivants.

Pierre Vidal-Naquet, dans La Croix, avait annoncé « Un livre magistral ».

De 1961, année où était parue la première édition de son ouvrage, jusqu’en 1982, R. Hilberg s’en était tenu à l’explication traditionnelle selon laquelle le IIIe Reich avait, de bout en bout, ordonné, organisé et mené à bien une destruction systématique des « Juifs d’Europe » en usant d’ordres et de moyens dont, en principe, il devait être facile de retrouver de multiples preuves. C’est à partir de la fin des années 1970, quand les révisionnistes ont vraiment démontré l’inexistence ou l’inconsistance des preuves avancées, que R. Hilberg, mis au pied du mur et sommé de fournir de véritables preuves, s’est vu finalement contraint d’exposer en 1983 son insoutenable théorie de ce qu’il a appelé « an incredible meeting of minds, a consensus-mind reading by a far-flung bureaucracy ». Deux ans plus tard, en janvier 1985, lors du premier procès de Toronto où comparaissait le révisionniste Ernst Zündel, assisté notamment de l’avocat Doug Christie que je secondais en qualité d’expert, R. Hilberg, lui-même expert de l’accusation, allait subir en plein prétoire la plus cuisante et la plus humiliante des défaites. La transcription officielle des débats en fait foi.

Personnellement je garde en mémoire l’instant pathétique où le malheureux Hilberg a quitté la barre d’où il avait si piteusement tenté de répondre à nos questions. Nous avons, lui et moi, échangé un regard. Ému par sa défaite, j’ai alors failli quitter ma place, me porter à sa rencontre et le réconforter d’un mot. Je m’en suis abstenu, eu égard au sort bien plus déplorable de mon ami Ernst Zündel et de tant de révisionnistes. Par la suite, pendant des années, il donnera l’impression de maintenir sa thèse, si absurde, si aberrante et même si loufoque qu’on ne saurait guère lui en trouver d’équivalent dans la production historiographique ; seuls les procès de sorcellerie religieuse ou de sorcellerie politique ont atteint de tels sommets d’inanité. Il mourra en 2003, ce qui lui épargnera de constater que par la suite, de 2003 à 2017, la thèse exterminationniste ira de désastre en désastre si bien qu’elle ne subsiste plus aujourd’hui, çà et là, que par la force injuste de lois d’exception et grâce à une répression judiciaire de plus en plus cynique contre les révisionnistes. R. Hilberg aura certes fait « école » mais dans le sens le plus fâcheux du mot : plus s’accumulent de nouvelles versions de la thèse officielle où l’on s’efforce encore de nous faire croire à l’existence durant la dernière guerre mondiale d’une extermination des juifs, plus s’affiche l’impossibilité d’en fournir la moindre preuve. Sur le plan de la science et de l’histoire, la victoire des révisionnistes est totale ; sur le même plan historique et scientifique la défaite des exterminationnistes est écrasante et s’accompagne, en outre, du déshonneur d’exercer une telle répression, digne des régimes totalitaires.

Ne l’oublions jamais, c’est avec Raul Hilberg que l’histoire de la prétendue Shoah a vraiment tiré ses premières et ses dernières balles. C’est avec l’existence de son gros ouvrage en anglais, en français, en allemand que, pendant quelques années, on a pu faire croire à une partie du grand public qu’un prestigieux historien américain avait gagné la partie contre les révisionnistes. Mais c’est aussi, en grande partie, à cause de son exemple et de ses pures spéculations d’« historien de papier » qu’en fin de compte les adversaires du révisionnisme historique ont non seulement perdu la bataille mais aussi perdu l’honneur.

 

NB : En 2003 paraîtra une troisième édition en anglais. En 2006 Gallimard en publiera une traduction en français présentée comme une « édition définitive, complétée et mise à jour » « avec des compléments et rajouts inédits de l’auteur pour cette version française ».

3 juin 2017