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Serge Klarsfeld divise par quatre le nombre des fusillés du Mont Valérien

(Commentaire de deux articles datés du 30 mars 1995, parus dans Le Monde et Le Figaro, ce dernier étant intitulé « Mont-Valérien : les vrais chiffres. De janvier 1941 à juin 1944, les nazis y ont fusillé 1.007 résistants et non 4.500. »)

On y apprend que S. Klarsfeld vient de publier « la liste exhaustive » des 1.007 personnes fusillées entre le 1er janvier 1941 et le 15 juin 1944 au Mont-Valérien, à Suresnes. « Afin de rétablir la vérité historique, Me Klarsfeld demande au ministre des Anciens combattants et victimes de guerre, Philippe Mestre, de rectifier ce nombre. Cela permettrait, selon [Klarsfeld], “de revaloriser le rôle des juifs dans la Résistance, le nouveau chiffre évaluant à 17% la participation des juifs au martyre du Mont-Valérien au lieu de 3,5% alors qu’ils représentaient 0,8% de la population française” » (Le Figaro).

Passons sur le calcul sordide et l’absurdité des considérations que ces chiffres entraînent dans l’esprit manifestement dérangé de cet avocat et notons la réaction du ministère, donnée par Le Monde : « [Cette rectification rapide] ne se fait pas d’un trait de plume et cela demande des contacts avec l’ensemble des groupes de résistants, explique un membre du cabinet. Est-il opportun de le faire juste avant les commémorations du cinquantenaire ? » Le journaliste Greilsamer rappelle que, « en 1987, la communauté juive avait modifié la plaque commémorative de la grande rafle du Vélodrome d’hiver pour indiquer que 8.160 personnes, dont 4.115 enfants, avaient été internées dans l’enceinte du stade en 1942, et non trente mille ».

S. Klarsfeld vit dans la hantise des révisionnistes. Il cherche à leur couper l’herbe sous le pied. Les révisionnistes n’ont cessé de dire que tous les chiffres officiels portant sur les « victimes du nazisme » sont considérablement gonflés. On en a ici un nouvel exemple. Au Mont-Valérien, les Allemands ont fusillé environ mille «résistants» ou « terroristes » et on en a ajouté environ trois mille. Pourquoi se gêner ? Il est à noter que tous les arguments utilisés par Klarsfeld sont précisément ceux des révisionnistes.

Klarsfeld est soucieux de valoriser les juifs. Il le fait ici, une fois de plus, à sa manière. Les Allemands avaient raison – on le voit – de considérer que les juifs jouaient un rôle primordial dans la « Résistance ». Les « tueurs à la balle et au couteau » étaient souvent juifs ou aidés par les juifs. (« Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite ! » ; ces paroles du Chant des Partisans sont de deux juifs : Joseph Kessel et Maurice Druon.)

30 mars 1995